Bulletin Août 2013

Comité de Défense d’Action et de Sauvegarde de Fontainebleau


Bulletin Août 2013

1. La Halle du marché
2. Permis de démolir du Mess Magenta
3. Notre recours contre le PLU est rejeté
4. Nos actions – nos moyens
5. Informations
Avez-vous visité notre site
http://www.comitededefense-fontainebleau.org
vous y trouverez de nombreuses informations, des articles, des photos.
Notre permanence est ouverte les vendredis de 10 à 12h
 


1 – La Halle du Marché     Une saga bellifontaine

Dernier épisode : la halle du marché ne sera pas classée

Vendredi 29 juillet 2013, le ministère de la culture annonce qu’il a décidé de lever l’instance de classement de la halle, rendant possible du même coup sa démolition et la rénovation de la place.

Rappelons que depuis sa création il y a 40 ans, le CDAS se bat pour que Fontainebleau dispose d’une vraie place, espace central de la vie urbaine, qui permette la mise en valeur du cadre de vie et en particulier le magnifique bâtiment de la Mission.

Cet aménagement n’est possible qu’avec la démolition de la halle en béton, construction qui aujourd’hui, n’obtiendrait jamais le permis de construire, car elle ne tient aucun compte de l’environnement. De plus la suppression indispensable du parking de surface impose l’agrandissement du parking souterrain irréalisable en maintenant la halle.

Nous avons défendu ce projet auprès des municipalités qui se sont succédées, et nous avions eu l’occasion de présenter l’historique de cette place lors d’une conférence en 2008. Aussi c’est avec satisfaction que nous avons vu la mairie suivre l’avis de tous les architectes consultés pour la rénovation de la place, dont aucun ne conservait la halle.

Le projet d’aménagement a fait l’objet de présentations qui nous ont permis de nous opposer à la réalisation d’une nouvelle halle, coûteuse, dont on nous vantait la transparence et l’élégance sans imaginer qu’elle allait rapidement vieillir.

Un marché de plein air est la solution qui s’impose quand on connait l’état des finances de la ville, d’autant qu’un grand nombre des commerçants abrités aujourd’hui par la halle disposent de véhicules équipés d’auvents.

  Marché en plein air vers 1900


Avec l’arrivée des engins de démolition en avance sur le calendrier prévu, les opposants se mobilisèrent rapidement et obtinrent par l’intervention de quelques personnes influentes auprès du Ministère de la Culture l’ouverture d’une instance de classement de la halle qui, s’il avait dû se concrétiser, aurait réduit à néant tout espoir de rendre vie et beauté à ce cœur de la ville.

Devant cette menace, le CDAS a dû déployer tous ses moyens. Il est intervenu:
* auprès de la Ministre et des services compétents du Ministère de la Culture,
* auprès d’un certain nombre de personnalités faisant référence dans la sauvegarde du patrimoine.
* auprès de tous les membres (près de 60) de la commission de classement.
* Enfin nous avons diffusé sur toute la ville une brochure mettant en opposition le marché tel qu’il était autrefois avec sa magnifique place bordée d’arbres et la halle actuelle. Cette action a été approuvée par une très grande majorité de bellifontains qui nous en ont remercié et parfois rejoint dans nos actions.
Nous avons su que nos arguments avaient été entendus, ainsi qu’en témoigne cette déclaration d’un ancien haut responsable du ministère de la Culture :

« Si je suis intervenu dans cette affaire délicate c'est pour répondre à votre appel … mais c'est aussi et j'allais dire surtout parce qu'à la LUR (Ligue Urbaine et Rurale) nous considérons qu'il n'est pas possible de protéger un objet architectural sans tenir compte du contexte urbain. Quel qu'ait été l'intérêt de la halle d'Esquilan du point de vue de l'architecture du XXème siècle (intérêt relatif en l'occurrence), il nous est apparu que la restitution de la place dans son ambiance traditionnelle était une opportunité qu'il fallait prendre en considération. Les documents que vous nous aviez adressés nous ont beaucoup aidé à prendre cette décision. »

Pour regarder l’avenir positivement, rassurer les Bellifontains inquiets du déplacement de leur marché et réduire le plus possible l’impact du chantier sur le chiffre d’affaires des marchands, nous avons demandé au Maire que le marché « de bouche » reste au pied du Bellifontain pendant les travaux.


 


2 – Permis de démolir du Mess Magenta (Hôtel Montpensier)

Fin 2003 après sa cession par l’Armée, l’aménagement du site militaire appelé «Quartier Magenta » est confié à la Société d’Economie Mixte d’Aménagement et de Développement Economique des Hauts de Seine (SEM 92) laquelle, en accord avec la municipalité, définit un projet de restructuration dont l’une des orientations est la mise en valeur d’une partie du patrimoine bâti érigé sur ce site.

La partie ancienne de l’hôtel Montpensier qui figurait déjà sur le plan d’ORBAY de 1682 puis celui de NICOLAS de FER de 1699, remaniée sous la Restauration (cadastres de 1817, puis de 1824 et 1850)à des fins militaires, abritait jusqu’au départ de l’armée, le Mess des Officiers. Cette élégante bâtisse aux belles proportions, avec sa vaste cour, face au Jardin Anglais du Château, fait partie des bâtiments à conserver, à réhabiliter et doit être reconvertie en hôtel deux étoiles.

En Avril 2007 la SEM 92 cède la parcelle (2520 m²) contenant le Mess MAGENTA au groupe LOUVRE, à un prix très avantageux, avec la condition de conserver et de réhabiliter le Mess conformément à la clause inscrite dans le Traité Public d’Aménagement conclu entre l’Armée, la Commune et la SEM 92 le 7 Janvier 2004.

  Le mess Magenta il y a 8 ans


Pendant 6 ans l’acquéreur laisse à l’abandon le bâtiment et le terrain, les livrant ainsi aux squatters et aux déprédations (un début d’incendie s’est même déclaré le mercredi 24/07/2013 !).

Hélas! Il faut savoir qu’un permis de démolir la TOTALITE du Mess a été accordé, le 11 février dernier, par le maire de Fontainebleau reniant ainsi le Traité Public d’Aménagement avec ... avis favorable de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).

Le CDAS a adressé un recours gracieux le 9 avril au maire qui l’a rejeté par courrier du 31 mai. Le CDAS a considéré qu’il était nécessaire de continuer ce combat et a engagé un recours contentieux auprès du Tribunal Administratif contre ce permis indigne qui renie tous les engagements antérieurs. Des riverains ont également fait récemment un recours gracieux après avoir constaté l’affichage du permis sur le site au mois de mai.

Ces actions sont d’autant plus nécessaires que l’expérience du projet de cinéma nous faisait craindre le pire pour un nouveau projet. Or il semble que le pire soit dépassé avec le projet d’un hôtel de 74 chambres dont l’architecture indigente et l’esthétique indigne dans cet environnement historique contribueraient à créer un aspect disparate et disgracieux avec ses façades massives, sombres et tristes sur le boulevard et sur le mail, et la suppression de toute perspective sur la cour d’entrée. On ne saurait mieux faire pour enlaidir une des plus prestigieuses entrées de la ville !

Projet Campanile     Le projet d’hôtel Campanile Projet Campanile photo 2


Rappelons que le projet précédent, qui conservait le mess Magenta, s’inscrivait dans l’environnement du quartier et la situation face au parc du château.

Notre action auprès du Tribunal Administratif pour défendre le patrimoine et le cadre de vie des Bellifontains nécessite l’intervention d’une avocate spécialiste de l’urbanisme, ce qui ne va pas sans frais importants. Pour cela, nous avons besoin de votre participation sous forme d’adhésions ou de dons (ci-dessous : nos actions – nos moyens).

 


3 - Notre recours contre le Plan Local d’Urbanisme est rejeté par le Tribunal Administratif

C’est presque une vieille histoire puisqu’il a fallu attendre plus de 2 ans pour que ce dossier soit jugé.

Malgré la pertinence du dossier les juges n’ont pas retenu nos arguments. En effet à quoi servent les schémas directeurs, les plans de développement durable, etc, qui énoncent des vœux pieux : « la densité sera contenue, les transports seront adaptés, … » ? En l’absence de règlements précis et chiffrés, le tribunal juge qu’il n’y a pas de motif valable d’opposition.

Il faut noter que le modificatif validé récemment (février 2013) a intégré un certain nombre de nos demandes. Il n’en reste pas moins que la surdensification est toujours possible, que des bâtiments de 21 m pourront se construire entre le Carmel et la Gare et qu’aucune protection n’a été ajoutée, on en voit le malheureux résultat avec le permis de démolir du Mess Magenta qui aurait dû être identifié comme bâtiment à conserver.

 


4 – Nos actions – nos moyens

D’aucuns stigmatisent les personnes, « toujours les mêmes », qui intentent des procès à la ville et empêchent les réalisations. C’est un reproche qui ne peut être fait au CDAS qui, pour sa part, n’a fait qu’un recours en 5 ans, préférant agir en amont et préventivement, toujours dans l’intérêt général et dans l’intérêt de la Ville.

Pour exprimer nos demandes et présenter nos suggestions nous avons rencontré plusieurs fois M. le Maire et contacté de nombreuses personnalités. Nous avons fourni des dossiers historiques à la mairie concernant la Place du Marché, le Mess Magenta et différents bâtiments remarquables. Par ailleurs nous avons remis aux services de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) l’ensemble de la photothèque de Fontainebleau dressée par nos soins (plus de 10 000 photos).

Cependant cette approche a ses limites comme on le constate pour le Mess Magenta où malgré toutes nos démarches (mairie, ABF, préfet…) nous n’avons pu obtenir le respect des engagements. Il ne reste alors que le recours devant le Tribunal Administratif.

Cette dernière action, coûteuse, s’ajoute au coût des autres formes d’action. Nous rappelons que dans un souci bien évident d’indépendance nous ne faisons appel à aucune subvention et que nos moyens ne dépendent que de la générosité des adhérents et sympathisants.

Vous trouverez ci-joint un bulletin vous permettant de renouveler votre cotisation (pour ceux qui l’ont oubliée) et/ou de compléter par un don. Notre association étant d’intérêt général, les cotisations et dons sont déductibles des impôts sur le revenu de l’année 2013. Un reçu fiscal vous sera envoyé en fin d’année.

Nota:
Ouvrent droit à la réduction d'impôt au taux de 66 % (dans la limite de 20 % du revenu imposable), les dons effectués au profit d'œuvres ou d'organismes d'intérêt général… à condition que ces organismes présentent un caractère… éducatif, culturel, … ou concourent à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l'environnement … ;


 


5 – Informations

Journées du Patrimoine: Comme tous les ans le CDAS organise une exposition. Sur le thème donné par le Ministère de la Culture, « 100 ans de protection », nous présenterons:

La protection des Monuments de la ville de Fontainebleau Réussites, insuffisances et menaces

Nous espérons vous voir nombreux à la Maison des Compagnons, 26 rue de la Cloche les 14 et 15 septembre de 10 à 13h et de 14h30 à 18h30

Renouvellement du bureau: au terme de l’Assemblée Générale et du Conseil d’Administration qui a suivi le bureau a été reconduit comme suit:

Présidente : Mme. Nizart Jacqueline
Vice-président: M. Savatier Bertrand
Secrétaire Générale : Mme. Vincent Annie
Secrétaire : Mme. Letoublon Marie-Laure
Trésorier : M. Ménard Francis

Rédaction du bulletin : Jacqueline Nizart, Francis Ménard, Annie Vincent
Photographies : F. Ménard